L’éducation à la citoyenneté mondiale, la clef pour progresser vers les Global Goals

5.10.2020

Le NGO-UNESCO Liaison Committee (Comité de liaison ONG-UNESCOa organisé, lundi 14 septembre, le webinaire « La voix des ONG: la citoyenneté mondiale pour stimuler l’inclusion et la diversité ». Parmi les intervenants figuraient Fidelia et Audrey, représentantes de Teens4Unity, un membre affilié de New Humanity et partenaire de United World Project.

Lundi 14 septembre, Teens4Unity, membre affilié de New Humanity a présenté son propre témoignage au webinaire « La voix des ONG : la citoyenneté mondiale pour stimuler l’inclusion et la diversité », organisé par le NGO-UNESCO Liaison Committee (Comité de liaison ONG-UNESCO).

Ouvrant le webinaire, Cecilia Barbieri, à la tête de la Section « Éducation à la Citoyenneté Mondiale et à la Paix » de l’UNESCO, a souligné le rôle crucial joué par les organisations de la société civile dans l’éducation et dans la réalisation, d’ici 2030, du quatrième Objectif de Développement Durable, pour une « Éducation de qualité ». Cet objectif vise à « garantir une éducation de qualité, inclusive et équitable, et à promouvoir des opportunités d’apprentissage continu pour tous ». Selon Barbieri, l’éducation à la citoyenneté mondiale est devenue de plus en plus pertinente et nécessaire au cours de cette pandémie.

Durant le webinaire, Fidelia, responsable de Teens4Unity au Kenya, a présenté le modèle des camps de travail « Hombre Mundo » (« Homme Monde » en espagnol), qui visent à éduquer les nouvelles générations à la citoyenneté mondiale.  La formule est simple : un camp international de travail de deux semaines auquel participent des adolescents de cultures différentes. Au cours de la première semaine,  les jeunes sont mis au défi de surmonter les préjugés et le nationalisme, et de se lancer ensemble dans un voyage pour découvrir les dons de leur propre culture et de celle des autres. La deuxième semaine, en revanche, se concentre sur l’apprentissage par l’action: les: adolescents contribuent à des projets établis dans des communautés locales, qu’ils visitent et où ils apprennent à servir et répondre à leurs différents besoins.

Ensuite, Audrey, une adolescente kenyane qui a participé à l’un des camps, a pu partager les expériences de transformation vécues par certains de ses collègues. Elle a parlé d’un camp Hombre Mundo 2017 à Patzún, Guatemala, qui a réuni des jeunes de six pays d’Amérique centrale, avec une grande diversité culturelle et ethnique. « Là, ils ont travaillé avec une communauté autochtone pour planter des arbres – explique Audrey -. Ils se sont ainsi rendu compte de ce que chaque culture a beaucoup à transmettre. » Toujours en 2017 , dit Audrey, le camp qui eut lieu en Europe de l’Est a contribué à forger une amitié entre Ana, une adolescente serbe, et Luka, un adolescent croate.   Amitié qui les a aidés à surmonter la douleur et les blessures de la guerre qui, dans les années 90, a divisé leurs peuples et leurs pays, et dont les cicatrices peinent à guérir encore aujourd’hui.

Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses expériences de transformation partagées par les centaines de jeunes qui ont participé à ces camps «Hombre Mundo».  Mais y a-t-il quelque chose à retenir de ces expériences? Peuvent-elles nous aider à accélérer les progrès vers les Objectifs de Développement Durable?

Fidelia expliqua que la leçon clé des chantiers Hombre Mundo est la méthode « tête, cœur, mains »: une éducation basée sur la connaissance (la tête), l’amour (le cœur) et l’action (les mains). Ainsi, les participants fixent l’agenda du programme, travaillant sur un pied d’égalité aux côtés des facilitateurs et animateurs; ils ont l’espace pour réfléchir et partager dans tous les domaines. Comme dans nombreuses initiatives d’éducation à la citoyenneté mondiale, l’impact n’est pas immédiat. Il ne se constate pas immédiatement en classe ou pendant l’atelier. L’effet est toutefois absolument clair lorsque les élèves retournent dans leur collectivité et y déclenchent des changements.

Parmi les autres initiatives montrées, mentionnons celle présentée lors du webinaire par la Leonard Cheshire, ONG britannique qui soutient les personnes handicapées dans le monde. Il y eut aussi celle de l’International Council of Jewish Women (Conseil International des Femmes Juives) sur ses expériences de dialogue interreligieux en Europe et en Afrique du Sud, tandis que la Women’s International League for Peace and Freedom (Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté) a soutenu la nécessité de perspectives féministes pour enrichir le concept de citoyenneté mondiale.

En conclusion du webinaire, Cecilia Barbieri, de l’UNESCO, a insisté sur l’indispensable nature permanente de l’éducation et sur la possibilité pour tous d’accéder à un apprentissage continu, y compris la formation à la citoyenneté mondiale.

Voilà cinq ans que les dirigeants mondiaux se sont engagés à atteindre les Global Goals d’ici 2030. Il s’agissait, entre autres, d’un plan visant à mettre fin à la pauvreté, à lutter contre les inégalités et contre le changement climatique. À dix ans du terme, nous sommes encore loin des objectifs fixés. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de projets efficaces et de l’engagement de chacun pour débloquer la progression vers les Objectifs de Développement Durable.

Conleth Burns